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L’Odyssée n’appartient pas à la mairie. Elle appartient à ses adhérents.

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Les révélations du journal Sud-Ouest concernant l’ingérence de la municipalité dans le renouvellement du conseil d’administration de l’Odyssée nous interpellent particulièrement..

Depuis toujours, nous défendons une conviction simple : une ville forte s’appuie sur des associations libres, indépendantes et respectées. Qu’une collectivité dialogue avec une association qu’elle accompagne financièrement est normal. Qu’elle s’intéresse à son avenir est légitime. Mais qu’elle cherche à peser sur la composition de ses instances dirigeantes franchit une ligne rouge.

Les explications apportées aggravent même nos inquiétudes. L’adjointe à la culture reconnaît elle-même avoir relayé une démarche politique qui ne semble pas relever d’une initiative personnelle, mais d’une orientation assumée au plus haut niveau municipal. Autrement dit, derrière un simple message se pose une question beaucoup plus grave : celle d’une volonté organisée de reprise en main d’une association indépendante. Ces faits posent aujourd’hui une question majeure : le maire de Périgueux considère-t-il les associations comme de véritables partenaires ou comme des structures qu’il faudrait placer sous influence ?

L’Odyssée n’est pas un service municipal, dont on changerait l’organigramme au gré des alternances électorales. C’est une association, avec ses adhérents, ses salariés, ses bénévoles, son conseil d’administration et surtout sa liberté.

Les circonstances entourant cette élection interrogent également fortement. L’arrivée d’une centaine de nouvelles adhésions dans les 48 heures précédant le scrutin mérite des explications. Comment ne pas s’interroger sur une telle mobilisation soudaine au moment même où circulaient des consignes visant à soutenir certains candidats ?

Cette affaire dépasse largement l’Odyssée. Elle révèle une conception inquiétante du rapport entre la municipalité et celles et ceux qui font vivre notre ville au quotidien : bénévoles, adhérents, salariés associatifs, acteurs culturels.

Être maire, ce n’est pas chercher à choisir ceux qui dirigent les associations. C’est créer les conditions pour qu’elles puissent agir librement.

Nous demandons donc à Michel Cadet d’apporter des explications claires aux Périgourdines et aux Périgourdins sur cette intervention.

Périgueux possède un tissu associatif exceptionnel parce que des citoyens donnent du temps, des idées et de l’énergie sans attendre de consignes. Cette richesse doit être protégée.

L’Odyssée n’appartient à aucune majorité municipale, d’hier, d’aujourd’hui ou de demain.

Elle appartient à celles et ceux qui la font vivre.