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Périgueux ne sera pas le refuge de l’extrême droite

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Les 24 et 25 octobre prochains, l’entreprise “Le Canon français” prévoit d’organiser un banquet à Périgueux. Présenté comme un moment de convivialité autour du terroir, du vin et de la gastronomie française, cet événement se veut festif et populaire. Pourtant, derrière cette façade soigneusement entretenue, se cache une entreprise politique assumée, portée par les réseaux de l’extrême droite.

Ce n’est pas un repas qui inquiète. Ce sont les idées qu’il véhicule.

Une stratégie politique sous couvert de convivialité

Le “Canon français” ne se limite pas à promouvoir les produits du terroir. L’initiative bénéficie notamment du soutien financier de Pierre-Édouard Stérin, entrepreneur milliardaire engagé dans le financement de nombreux projets destinés à favoriser une victoire culturelle et électorale de l’extrême droite.

L’objectif est connu : banaliser un discours identitaire en l’habillant des couleurs de la tradition, du patrimoine et de la gastronomie. Faire de la politique sans en avoir l’air.

Lors de précédentes éditions, des images de saluts nazis, de chants glorifiant des figures de l’extrême droite ou encore de drapeaux royalistes ont largement circulé. Ces débordements ne sont pas anecdotiques : ils illustrent l’environnement idéologique dans lequel s’inscrit cette opération.

Le terroir appartient à toutes et tous

Le Périgord est reconnu pour sa gastronomie, ses producteurs, ses artisans et son hospitalité. Ce patrimoine est le fruit du travail de générations d’habitantes et d’habitants.

Il n’appartient à aucun mouvement politique.

Réduire l’identité française à quelques symboles alimentaires, opposer une prétendue France « authentique » à une France diverse, ouverte et contemporaine, détourner notre patrimoine au service d’un projet politique identitaire : voilà ce que nous refusons.

Notre terroir rassemble. Il ne doit jamais devenir un instrument d’exclusion.

Une décision politique qui engage la municipalité

En acceptant que cet événement se tienne dans une salle municipale, la majorité de Michel Cadet prend une décision qui dépasse largement la simple gestion d’un calendrier de réservations.

Personne ne peut aujourd’hui ignorer la nature politique du “Canon français”. Les nombreuses mobilisations organisées ailleurs en France, les prises de position d’associations, d’historiens, d’organisations syndicales et de partis démocratiques témoignent du caractère profondément polémique de cette initiative.

Autoriser cet événement, c’est lui offrir une forme de légitimité institutionnelle.

Une municipalité n’est pas tenue de partager les idées des organisateurs pour que sa responsabilité soit engagée : il suffit qu’elle accepte de leur offrir un cadre et les moyens de leur communication.

Une ville fidèle à son histoire

Périgueux n’est pas une ville comme les autres.

Notre territoire porte l’héritage de la Résistance. Il porte aussi la mémoire des persécutions antisémites, des combats pour la liberté et des femmes et des hommes qui ont refusé de céder face au fascisme.

Cette histoire n’est pas une référence commémorative. Elle nous oblige.

Elle nous rappelle que les idéologies d’exclusion progressent souvent lorsqu’elles se banalisent, lorsqu’elles se présentent comme inoffensives ou lorsqu’elles empruntent les habits de la convivialité.

Nous refusons cette banalisation.

Se rassembler pour défendre les valeurs républicaines

Face à cette situation, associations, organisations syndicales, partis politiques et citoyens appellent à un rassemblement.

📍 Mardi 30 juin à 18 heures devant l’Hôtel de Ville de Périgueux

Ce rendez-vous est organisé pour défendre une certaine idée de notre ville : une ville ouverte, accueillante, fidèle aux valeurs de la République, de l’égalité, de la fraternité et du respect de chacune et chacun.

Parce que Périgueux mérite mieux que d’être une étape de la stratégie de banalisation de l’extrême droite.

Parce que notre patrimoine appartient à tous les Périgourdins.

Parce que le silence n’a jamais fait reculer les idées de haine.

Mardi 30 juin, faisons entendre une autre voix. Celle d’une ville rassemblée autour des valeurs républicaines.